« Asperge de Rommel » : différence entre les versions
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Les '''asperges de Rommel''' {{en de|{{lang|de|Rommelspargel}}}} est le nom donné aux pieux de bois de {{nobr|4 à}} {{nobr|5 mètres}} de longueur, plantés par les Allemands pendant la [[Seconde Guerre mondiale]] dans les champs et autres terrains plats<ref>{{Article |titre=1944 : Rommel inspecte les défenses vendéennes |périodique=Ouest France |date=27/05/2014 |lire en ligne=https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/1944-rommel-inspecte-les-defenses-vendeennes-2580599 }}</ref> en arrière des littoraux français, belge et néerlandais de la [[Manche (mer)|Manche]] et de la [[mer du Nord]]. |
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Les '''asperges de Rommel''' (en allemand ''{{lang|de|Rommelspargel}}'') étaient des pieux de bois de 4 à {{nobr|5 mètres}} qui furent plantés dans les champs et autres terrains plats en arrière du littoral français, belge et néerlandais de la Manche et de la mer du Nord pour prévenir l'atterrissage des planeurs lors du débarquement allié dans le Nord-Ouest de l'Europe. Aussi connu en allemand sous le nom de ''{{lang|de|Holzpfähle}}'' (pieux en bois), ces défenses furent érigées au début de [[1944]] lorsque que le maréchal [[Erwin Rommel|Rommel]] conçut ce dispositif que lui même a nommé ''{{lang|de|Luftlandehindernis}}'' (obstacle d'atterrissage) pour renforcer le [[mur de l'Atlantique]]. Plus d'un million furent dressés mais leur effet sur le [[débarquement de Normandie]] fut négligeable. |
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Portant le nom du maréchal [[Erwin Rommel|Rommel]] qui avait conçu ce dispositif de défense, leur objectif était d'empêcher les planeurs d'atterrir et que les troupes aéroportées [[Alliés de la Seconde Guerre mondiale|alliés]] puissent aider au débarquement dans le Nord-Ouest de l'Europe en prenant à revers les défenses littorales et/ou en freinant l'arrivée d’éventuelles troupes allemandes de soutien. |
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On estime à un million le nombre d'asperges plantées dans les champs<ref name=":0">{{Lien web |titre=Les obstacles de plages |url=https://www.junobeach.org/fr/les-obstacles-de-plages/ |site=junobeach.org |date=23/02/2018 |consulté le=20/10/2021}}.</ref>. Elles s'ajoutaient à d'autres obstacles implantés par les Allemands et l'[[organisation Todt]] tels que les [[Hérisson tchèque|hérissons tchèques]], les [[Dent de dragon|tétraèdres antichars]]<ref name=":0" />, les [[Barrière Cointet|portes belges]]<ref>{{Lien web |titre=Porte belge porte Cointet |url=https://www.presqu-ile-de-crozon.com/guerre/2-porte-belge-cointet-001.php |site=presqu-ile-de-crozon.com |consulté le=20/10/2021}}.</ref>. |
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Également connues en allemand sous le nom de ''{{lang|de|Holzpfähle}}'' {{en fr|pieux en bois}} ou ''Hemmbalken'' {{en fr|poutres en bois}}<ref name=":0" />, ces défenses furent érigées au début de [[1944]] lorsque le maréchal [[Erwin Rommel|Rommel]], qui avait été nommé quelques mois plus tôt [[Erwin Rommel#Normandie|inspecteur des défenses de l'Ouest]], conçut ce dispositif {{incise|que lui-même avait nommé ''{{lang|de|Luftlandehindernis}}'' (« obstacle d'atterrissage »)}}<ref>{{Lien web |auteur=Joëlle Palmieri |titre=Les asperges de Rommel |url=https://memoiresduvar.wordpress.com/2015/09/09/les-asperges-de-rommel/ |site=memoiresduvar.wordpress.com |date=9/09/2015 |consulté le=20/10/2021}}.</ref> pour renforcer les défenses côtières du [[mur de l'Atlantique]]. Leur effet sur le [[débarquement de Normandie]] s'avéra négligeable, en comparaison par exemple aux inondations de champs provoquées par les Allemands afin d'empêcher les parachutages et où de nombreux soldats alliés moururent noyés<ref>{{Lien web |titre=L’arrivée du Feldmarschall Rommel en Normandie |url=http://www.batterie-merville.com/la-batterie-de-merville/la-wehrmacht-en-normandie/ |site=batterie-merville.com |consulté le=20/10/2021}}.</ref>. |
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Certains habitants rechignaient à aider l'occupant allemand pour l'installation de ces pieux malgré les réquisitions et les menaces, comme par exemple sur la [[presqu'île de Crozon]]<ref>{{Lien web |titre=Asperges de Rommel : coupes de bois pour des piquets de défense antiaérienne en 1944 |url=https://www.presqu-ile-de-crozon.com/guerre/2-piquet-bois-001.php |site=presqu-ile-de-crozon.com |consulté le=20/10/2021}}.</ref>. Certains Résistants les raccourcissaient afin qu'ils deviennent inopérants<ref>{{Lien web|auteur1=Lucien Dreillard (FFL) |titre=Témoignage d'un résistant |périodique=Musée de la résistance |date= |lire en ligne=http://musee.delaresistance.free.fr/en%20ligne/bios/dreillard.html |pages=1 }}.</ref>. |
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Le terme de ''{{lang|de|Rommelspargel}}'' fait spécifiquement référence aux pieux de bois utilisés contre une éventuelle invasion aérienne mais il arrive aussi qu'il soit employé pour décrire les pieux de bois (plus petits) dressés sur les plages dans le but de gêner les [[Embarcation de débarquement|péniches de débarquement]]<ref>{{Lien web|langue=|auteur institutionnel=Ouest France|titre=Les asperges de Rommel ont disparu|url=https://www.ouest-france.fr/bretagne/concarneau-29900/les-asperges-de-rommel-ont-disparu-de-la-plage-2698226|site=|date=14 juillet 2014|consulté le=}}.</ref>. En effet, ces pieux devenaient invisibles à marée haute et étaient alors susceptibles d'endommager la coque de ces embarcations ou de considérablement gêner leur navigation. Ils étaient parfois pointus, parfois surmontés de mine anti-char ou d'obus<ref>{{Lien web |auteur=DRAC Poitou |titre=Le Mur de l'Atlantique |url=http://www.poitou-charentes.culture.gouv.fr/pages/section6/patxx/page/murdelatlan.html |site=Poitou-Charentes.culture.gouv.fr |consulté le=5 mai 2021}}.</ref>. |
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{{Citation bloc|Le travail consiste à installer des obstacles sur les plages, des grands pieux dressés. Et ça ne traîne pas ! Avec le jet d'eau à haute pression d'une sorte de grosse lance à incendie, deux ouvriers allemands creusent des trous cylindriques dans le sable, et nous, les requis français, devons y planter les grands pieux en bois qu'on appelle "asperges de Rommel"|Achille Le Naourès, ouvrier de [[Cléder]], requis du [[Service du travail obligatoire (France)|STO]] en 1944| témoignage au musée Mémoires 39-45 à [[Plougonvelin]]}} |
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Des pieux de plage, sous leurs différentes formes, réapparaissent au fur et à mesure de l'érosion et ceci même si certains avaient été coupés après guerre. Ce phénomène est visible sur toutes les côtes françaises où étaient présentes des asperges<ref>{{Lien web |auteur=DL |titre=Des asperges de Rommel à Trezmalaouen |url=http://laissesdemer.over-blog.com/2019/11/des-asperges-de-rommel-a-trezmalaouen.html |site=laissesdemer.over-blog.com |date=19/02/2020 |consulté le=20/10/2021}}.</ref>{{,}}<ref>{{Article |titre=Les asperges de Rommel vont-elles plomber la saison ? |périodique=Ouest France |date=20/05/2014 |lire en ligne=https://www.ouest-france.fr/bretagne/erdeven-56410/les-asperges-de-rommel-vont-elles-plomber-la-saison-2560515 }}</ref>{{,}}<ref>{{Article |titre=Les asperges de Rommel réapparaissent |périodique=Ouest France |date=06/06/2014 |lire en ligne=https://www.ouest-france.fr/bretagne/concarneau-29900/les-asperges-de-rommel-reapparaissent-2604558 }}</ref>. Parfois, des mines doivent être aussi enlevées<ref>{{Article |auteur1=Anaïs Coinon |titre=Le Touquet : Déminage de six pieux Rommel, une partie de la station confinée ou évacuée mardi et mercredi |périodique=La Voix du Nord |date=09/07/2017 |lire en ligne=https://www.lavoixdunord.fr/189700/article/2017-07-09/deminage-de-six-pieux-rommel-une-partie-de-la-station-confinee-ou-evacuee-mardi }}</ref>. |
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Le terme de ''{{lang|de|Rommelspargel}}'' fait référence spécifiquement aux pieux de bois utilisés contre l'invasion aérienne mais il est aussi quelquefois employé pour décrire les pieux de bois dressés sur les plages pour empêcher le débarquement amphibie des troupes alliées. |
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== Notes et références == |
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Dernière version du 26 octobre 2023 à 15:42
Les asperges de Rommel (en allemand : Rommelspargel) est le nom donné aux pieux de bois de 4 à 5 mètres de longueur, plantés par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale dans les champs et autres terrains plats[1] en arrière des littoraux français, belge et néerlandais de la Manche et de la mer du Nord.
Portant le nom du maréchal Rommel qui avait conçu ce dispositif de défense, leur objectif était d'empêcher les planeurs d'atterrir et que les troupes aéroportées alliés puissent aider au débarquement dans le Nord-Ouest de l'Europe en prenant à revers les défenses littorales et/ou en freinant l'arrivée d’éventuelles troupes allemandes de soutien.
On estime à un million le nombre d'asperges plantées dans les champs[2]. Elles s'ajoutaient à d'autres obstacles implantés par les Allemands et l'organisation Todt tels que les hérissons tchèques, les tétraèdres antichars[2], les portes belges[3].
Installation et efficacité
[modifier | modifier le code]Également connues en allemand sous le nom de Holzpfähle en français : « pieux en bois » ou Hemmbalken en français : « poutres en bois »[2], ces défenses furent érigées au début de 1944 lorsque le maréchal Rommel, qui avait été nommé quelques mois plus tôt inspecteur des défenses de l'Ouest, conçut ce dispositif — que lui-même avait nommé Luftlandehindernis (« obstacle d'atterrissage ») —[4] pour renforcer les défenses côtières du mur de l'Atlantique. Leur effet sur le débarquement de Normandie s'avéra négligeable, en comparaison par exemple aux inondations de champs provoquées par les Allemands afin d'empêcher les parachutages et où de nombreux soldats alliés moururent noyés[5].
Certains habitants rechignaient à aider l'occupant allemand pour l'installation de ces pieux malgré les réquisitions et les menaces, comme par exemple sur la presqu'île de Crozon[6]. Certains Résistants les raccourcissaient afin qu'ils deviennent inopérants[7].
Autre acception, forme et utilisation
[modifier | modifier le code]Le terme de Rommelspargel fait spécifiquement référence aux pieux de bois utilisés contre une éventuelle invasion aérienne mais il arrive aussi qu'il soit employé pour décrire les pieux de bois (plus petits) dressés sur les plages dans le but de gêner les péniches de débarquement[8]. En effet, ces pieux devenaient invisibles à marée haute et étaient alors susceptibles d'endommager la coque de ces embarcations ou de considérablement gêner leur navigation. Ils étaient parfois pointus, parfois surmontés de mine anti-char ou d'obus[9].
« Le travail consiste à installer des obstacles sur les plages, des grands pieux dressés. Et ça ne traîne pas ! Avec le jet d'eau à haute pression d'une sorte de grosse lance à incendie, deux ouvriers allemands creusent des trous cylindriques dans le sable, et nous, les requis français, devons y planter les grands pieux en bois qu'on appelle "asperges de Rommel" »
— Achille Le Naourès, ouvrier de Cléder, requis du STO en 1944, témoignage au musée Mémoires 39-45 à Plougonvelin
Aujourd'hui
[modifier | modifier le code]Des pieux de plage, sous leurs différentes formes, réapparaissent au fur et à mesure de l'érosion et ceci même si certains avaient été coupés après guerre. Ce phénomène est visible sur toutes les côtes françaises où étaient présentes des asperges[10],[11],[12]. Parfois, des mines doivent être aussi enlevées[13].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Rommelspargel » (voir la liste des auteurs).
- « 1944 : Rommel inspecte les défenses vendéennes », Ouest France, (lire en ligne)
- « Les obstacles de plages », sur junobeach.org, (consulté le ).
- « Porte belge porte Cointet », sur presqu-ile-de-crozon.com (consulté le ).
- Joëlle Palmieri, « Les asperges de Rommel », sur memoiresduvar.wordpress.com, (consulté le ).
- « L’arrivée du Feldmarschall Rommel en Normandie », sur batterie-merville.com (consulté le ).
- « Asperges de Rommel : coupes de bois pour des piquets de défense antiaérienne en 1944 », sur presqu-ile-de-crozon.com (consulté le ).
- Lucien Dreillard (FFL), « Témoignage d'un résistant », Musée de la résistance, p. 1.
- Ouest France, « Les asperges de Rommel ont disparu », .
- DRAC Poitou, « Le Mur de l'Atlantique », sur Poitou-Charentes.culture.gouv.fr (consulté le ).
- DL, « Des asperges de Rommel à Trezmalaouen », sur laissesdemer.over-blog.com, (consulté le ).
- « Les asperges de Rommel vont-elles plomber la saison ? », Ouest France, (lire en ligne)
- « Les asperges de Rommel réapparaissent », Ouest France, (lire en ligne)
- Anaïs Coinon, « Le Touquet : Déminage de six pieux Rommel, une partie de la station confinée ou évacuée mardi et mercredi », La Voix du Nord, (lire en ligne)